AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

[POINT HISTOIRE] Écosse - La prison du désespoir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message
Auteur
MessageSujet: [POINT HISTOIRE] Écosse - La prison du désespoir Dim 22 Juil - 0:22

Le ciel était voilé, couvert de nuages sombres depuis le début de matinée de ce 30 Septembre 1949. Les choses ne s’arrangeant pas, la nuit était vite tombée et le temps n’était pas clément et avait balayé de pluie le campement des sorciers qui avaient décidé de participer à cette mission suicidaire. Abigaël était l’un d’eux. L’angoisse et le doute le poursuivaient depuis deux jours comme un fantôme qui ne trouverait le repos qu’une fois avoir tué à son tour son assassin. Pris dans cette spirale infernale, ses doigts tremblaient sans cesse et cela se ressentait dans l’écriture peu assurée des lettres qu’il envoyait à Sixtine. Ni sûr, ni certain, de réchapper à cet événement dont pourtant elle l’avait mis en garde. Pour respecter la confiance de Dumbledore, pour être respecté, pour l’honneur. A l’interrogation de pouvoir faire le ml pour le bien, il avait toujours été intransigeant ; Impossible de justifier de mauvaises actions pour un bien que tous ne verraient pas forcément, il fallait demeurer droit à tout prix sans tomber dans les travers de ceux qui avaient souvent nui à sa famille. Qu’en était-il aujourd’hui ? Pouvait-il justifier d’amener ses camarades à l’abattoir pour sauver un homme déjà mort ou presque ? D’aucun dirait qu’il n’avait pas choisi son destin et qu’il acceptait de donner sa vie pour la bonne cause. Mais était-ce seulement justifié ? Abigaël le lisait dans leurs yeux. La même peur, les mêmes doutes que lui. Comment était-il supposé les rassurer quand lui n’y parvenait pas pour lui-même ? L’après-midi, la photo de Sixtine n’avait plus suffit à estomper ses craintes mais à élever un peu plus sa culpabilité de l’avoir laissée seule et d’être partie comme un voleur. Comme un soldat qui ne reviendrait pas. Il laissa la photo dans la poche intérieure de sa longue veste en cardigan, contre son cœur, et soupira longuement, regardant le soleil tomber sur les landes vertes écossaises pour ne plus laisser que de vagues monts et falaises dans l’horizon. L’heure approcha jusqu’à devenir fatidique. Il était hors de question de reculer maintenant. « Bon... Je pense qu’il est temps. Vous tous... Vous n’êtes pas obligés de me suivre, c’est votre dernière chance de retourner auprès de vos familles avant qu’il ne soit trop tard. Je ne vous garantis ni que la mission va réussir, ni que nous reviendrons tous vivants. Mais nous ne pouvons pas... Ne pas intervenir, cette fois au moins. ». Pourquoi ? Parce que c’était Spencer-Moon ? Parce que sa vie valait plus que celle d’un frère, d’un collègue ou de tout autre sorcier ou sorcière ? Cela lui brûlait la langue de devoir le dire. Il aurait voulu hurler « Mais s’il meurt, mettez n’importe quel autre sorcier sur ce putain de poste, qu’on en finisse. ». Mais il se tut. Le silence qui prit place suffisait à lui-même. Personne ne voulait se sacrifier pour Spencer-Moon en vérité. Mais toute l’utilité de la mission n’était même pas là. Si l’homme avait un tant soit peu résisté à la torture, il n’avait peut-être pas encore révélé tous les secrets des sorciers et il fallait absolument empêcher que cela arrive. Mais il fallait aussi faire bonne impression et donner de l’espoir à ceux qui demeuraient derrière. Un petit groupe de sorciers qui sauve le premier ministre de la magie, voilà qui ferait un sujet de conversation agréable et positif, pour une fois. Restait à savoir quel prix aurait cette prouesse.

Aux dernières nouvelles, Spencer-Moon avait été détenu pendant très longtemps à Creag nam Bathais, dans le Firth of Forth écossais, qui avait servi de prison et de port de pêche jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale des moldus. Jusque là, le vieux château abandonné du bass rock ressemblait à s’y méprendre à un Azkaban pour moldus, perché sur son île au milieu des vagues déchaînées. Mais ce n’était qu’un vieux château, pas assez sécurisé, qui avait surtout servi de pont entre Londres et une autre destination. Londres après tout était bien trop évident et les moldus craignaient sans doute une attaque coordonnée qui paîtrait en danger la partie civile. Tous voulaient éviter de nouveaux attentats. Alors le ministre d d’la magie avait été déplacé dans d’anciennes fortifications et bunker écossais datant de la Seconde guerre mondiale, sur une île non loin du village de Cramond. Ces vestiges qui auraient dû être laissés à l’abandon n’avaient jamais été aussi actifs, bourrés de soldats armés jusqu’aux dents et semblant sensiblement entraînés pour faire face aux sorciers. Oui, Sixtine n’avait pas vraiment eu tord en parlant de mission suicide, mais elle ignorait sans doute jusqu’à quel point. Ces nouvelles n’avaient rien de rassurant et pourtant, il avait été plutôt facile de voler les plans des fortifications. Un vaste réseau français et allemand d’espionnage de pendant la guerre avait permis de mettre la main sur les précieux documents, que tout l’escadron avait soigneusement étudié. Abigaël avait mis à profit sa connaissance des moldus et de leurs guerres pour élaborer un plan viable où il servirait en grande partie d’éponge. Qui mieux que quelqu’un ayant vécu avec les moldus pour détourner leur attention et les stopper si besoin ? Mais il ne fallait pas faire de vague. Le plan était simple et carré, mais tout le monde devait rentrer dans le rang. À la moindre infortune, au moindre faux-pas, tout serait fini. Alors à la nuit tombée, une fois à proximité du village de Cramond, lui aussi occupé par des militaires, tous prirent le pas de transplanter au sein de l’île même pour atteindre une tranchée qui servait de fortification au bord des falaises. Les sonars et autres outils de détection ne pouvaient en toute logique pas détecter d’hommes, ou pas encore de magie. Du moins Velrose l’espérait-il. Tout semblait calme bien que la tension fut palpable. Les sorciers avancèrent prudemment dans la pénombre, évitant soigneusement les projecteurs. Comme il aurait aimé posséder une cape d’invisibilité comme dans le conte des trois frères ! Il n’était pas évident de parcourir ces dédales et autres fausses ruelles sans trop y voir, mais il avait suffisamment bien mémorisé les plans pour savoir où passer et où entrer pour pénétrer le bunker. Il avait été convenu de placer un porto loin à l’entrée du bunker, bien dissimulé des moldus pour qu’en cas de danger, la fuite soit plus rapide, il fallait encore procéder à quelques finitions pour que les évadés soient envoyés non pas à Pré-au-Lard même, mais non loin de là et suffisamment près pour retrouver le chemin du village. Tout avait été prévu à l’avance, et ce n’était pas comme si des sentinelles patrouillaient tous les jours autour du dernier bastion sorcier, juste au cas où.

Abigaël prit la tête du peloton de sauvetage une fois la trappe des conduits d’aération trouvée, bien fermée, mais pas à l’épreuve d’un alohomora. Un sorcier fut sommé de rester à proximité du porto loin pour en assurer la sécurité et l’intégrité, pendant que les quatre autres descendirent par les conduits étroits qui mèneraient à l’intérieur du complexe. Une fois arrivés au bout des tunnels aérés, ils débouchèrent sur une salle apparemment destinée à des expériences douteuses, à en juger par les outils chirurgicaux et les nombreuses compresses imbibées de sang. Velrose observa les outils avec dégoût et se pinça le nez devant l’horrible odeur de chloroforme qui régnait dans la pièce. Mais tout semblait bien calme. Trop calme, même si la nuit était tombée depuis longtemps. Ils sécurisèrent la porte puis le couloir du complexe, pour avancer prudemment dans cette prison infernale. Ils croisèrent au bout d’une couloir, une fois passée une porte blindée, une dizaine de soldats armés. L’échange de tirs et d’étincelles fut immédiat. Les sorciers se servirent des épaisses tables de fer pour limiter les dégâts et de protégés, échangeant des expelliarmus et des stupéfiants bien placés pour mettre à terre les moldus en face qui bien que maladroits, se défendaient bec et ongle. Les éclairs rouges et blancs fusaient à travers la fumée des armes à feu. Un des quatre sorciers fut touché au bras et hurla de douleur face à cette attaque dont il goûtait sans doute pour la première fois le degré de destruction. L’un de ses collègues le traîna plus loin pour extraire la balle avec un accio pour ensuite panser la plaie dans la précipitation. Abigael finit de mettre à terre le dernier soldat, jugeant que par les échanges répétés et assourdissants, ils n’avaient plus le choix d’agir vite et de tout faire pour rejoindre le portoloin. Tout le monde fut d’accord, d’un simple hochement de menton, pour partir à vive allure dans les derniers couloirs qui les séparaient de Spencer-Moon, en toute logique. Ils finirent par croiser de nouveaux moldus qui ne firent pas long feu face à la détermination consternante de leurs opposants. Ce ne fut qu’après ces échanges musclés que les sorciers finirent par arriver dans la dernière pièce, plus sécurisée encore. Même aidés de sortilèges, le peloton eut bien du mal à venir à bout des blindages. Deux sorciers se postèrent à l’extérieur, tandis que le sorcier blessé et Abigaël tombaient sur un Spencer-Moon en sale état, visiblement malade et très affaibli. La vision de Sixtine était des plus vraies. Il ne tiendrait pas longtemps. Mais Abigaël ne voulait pas se résoudre à abandonner le premier ministre. Même mort, il était hors de question de laisser son corps à des scientifiques sans scrupules. « Monsieur ! Je suis l’auror Velrose, c’est Albus Dumbledore qui m’envoie. Nous devons partir, essayer de vous hisser... Là... Comme ça, un bras sur mon épaule... Je vous tiens ! »

Velrose souleva tant bien que mal le sorcier affaibli, qui marmonnait si bas que dans l’agitation, il ne comprenait pas vraiment ce qu’il disait. Il le tira à l’extérieur où la joie de revoir le premier ministre laissa place à l’urgence de ce tirer de cet endroit maudit. Chacun aida à sa manière, remontant les couloirs et pièces déjà visitées où les moldus toujours assommés jonchaient le sol, partis pour une sieste dont ils ne voulaient pas. Abigaël sentait presque les forces du ministers s’amenuir à chaque pas, mais il ne pouvait plus renoncer. Il continuait de marmonner, sans même avoir la force de gesticuler ou d’articuler. Soudain, un tremblement venant du plafond se fit entendre, faisant tomber des traînées de poussière des murs. Certains demandèrent ce qui pouvait bien faire un tel vacarme, relevant un peu plus le niveau de tension du groupe. Quand ils furent à proximité du conduit d’aération, ils constatèrent que ce dernier avait été bloqué, sans doute à cause d’une explosion au dehors qui avait fait s’écrouler ou se plier les parties les plus fragiles du métal. « Ils nous bombardent...! Il faut trouver une autre sortie ! » hurla Abigaël à ses collègues qui ne savaient que trop ce que les bombes moldues avaient comme potentiel destructeurs. Essoufflés, les sorciers firent demi-tour, à,la recherche d’une nouvelle sortie, une fois qu’ils eurent tous un éclair de lucidité. Il était après tout extrêmement dangereux de transplanter depuis l’intérieur de la structure. Mais en chemin, le premier ministre saisit Abigaël au col, comme s’il s’épuisait à vouloir lui faire comprendre quelque chose. L’anglo-italien posa Spencer-Moon contre un mur sans beaucoup de délicatesse. L’homme à l’allure fatiguée respirait péniblement mais parvint à éclaircir quelques syllabes. « Ç’est... piège... une bombe... ». Les sorciers acquiescèrent en parlant des bombardements plus hauts, mais ce n’était rien d’insurmontable. Pourtant Abigaël repensa aux outils dans la première pièce et à l’odeur inconfortable qui lui prenait au nez venant du ministre. Il s’accroupit face à lui, écartant les pans de son manteau défraîchi. L’odeur fut plus insupportable encore, sous des bandages mal travaillés, clairement bâclés, entre l’odeur de chair purulente, semblable à une tumeur ou à un ulcère qui avait tourné en gangrène, et une arrière odeur de rouille. Plus étonnant encore, sous les bandages semblait survivre une faible lueur. Sans prendre la peine de demander son reste, Abigaël écarta les bandages pour découvrir un minuteur auquel il ne restait à peine que quelques précieuses secondes. Il hurla à ses camarades de reculer et de se sauver tout en glissant vers l’arrière pour se relever maladroitement.

Ces salauds de moldus avaient placé une bombe parmi les intestins du vieil homme.

Tout alla très vite. Abigaël crut entendre l’un des sorciers hurler son noms, et le bruit de l’explosion semblait lui avoir crevé les timpans. La lumière de l’explosion fut telle qu’il en fut ébloui, et ne vit plus grand chose sur le moment. Tout semblait fini. Il n’entendait plus rien, ne voyait plus rien, ne sentait plus rien si ce n’est cette intense chaleur qui semblait s’éloigner.

Il ne se rendit compte que la seconde plus tard qu’il était tiré de force, aussi loin que possible, manquant à plusieurs reprises de se désarticuler. La puissance de l’explosion et celle du transplanage était telle qu’il lui sembla avoir atterri dans les collines près de Pré-au-Lard où de Poudlard. La chute fut rude et il voyait des flashs de lumière passer devant ses yeux comme s’ils avaient été brûlés. Ses oreilles bourdonnaient encore dans la nuit calme. Mais il ne sentait plus ses jambes. Il ne sentait plus grand chose à vrai dire. Pourtant il put bouger la main, et palper ce qui semblaient être ses jambes. Voilà qu’en toute logique, elles étaient encore à leur place, mais peut-être pas forcément dans le bon sens sur toutes les articulations. Il tenta de prendre une inspiration plus forte, et de tourner la tête, à gauche, puis à droite... pour tomber nez à nez avec l’un des sorciers, les yeux révulsés, à qui il manquait une partie de son corps, complètement arrachée par le souffle de l’explosion. Ci et là, un bras ou une jambe semblaient être les derniers restes de ses autres camarades, emportés par l’explosion et par la course du seul survivant. Abigael n’avait plus conscience de son corps ni de l’endroit exact où il était tombé, il n’avait plus la force de parler, ni même de lancer un sortilège pour signaler sa position. Et puis, avec quelle baguette ? Il eut le sentiment que personne ne viendrait le chercher, là dans le froid et dans le silence. Personne ne s’en douterait. Ses yeux cherchaient une échappatoire, une lueur d’espoir.

Mais tout ce qu’il vit au loin dans la nuit noire de jais, fut un serpent de feu ravager le ciel et la terre avec toute la violence qu’un mage noir pouvait déchaîner.



   
 mad world∆
c.luleaby
avatar
Découvre-moi !
Messages : 36
Date d'inscription : 16/01/2018
nervemind the darkness

Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas

[POINT HISTOIRE] Écosse - La prison du désespoir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» JOEL POURQUOI VOTRE PETIT INOSANG A SI PEUR DE LA PRISON ET DE L'EXIL ???
» Match de tennis le plus long de l'histoire
» Page d'histoire: Tiresias Augustin Simon Sam, president.
» Une petite histoire ... pour se remonter le moral !
» « Mais j'trouve pas de refrain à notre histoire... »

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hogwarts Reverse :: Ailleurs :: Grande Bretagne :: Ecosse-